Le Mot du Président
Texte du Président - Monsieur Pascal Spitzer - pour la Fédération de Psychanalyse Intégrative de Bordeaux

L’esprit de la FPI se veut, dans sa ligne fondatrice et directrice, conjuguer différentes approches et compétences afin de ne pas s’enfermer dans des clivages qui nous seraient préjudiciables. Et dont nos patients n'auraient aucun avantages.
Se définir ne signifie pas se perdre dans des définitions, mais se repérer par des modes de travail et de pensée multiples reliées entre elles par une exigence et une cohérence des sens.
Rechercher à comprendre le fonctionnement des sujets, quels que soient leurs âges, à explorer toute la complexité des formes psychiques des plus précoces, prenant en compte le patrimoine génétique et les facteurs environnementaux.
Sont donc regroupés au sein de la FPI des psychanalystes, où des élèves en formation psychanalytique, d’inspiration psychodynamique. Leur champ d’application propose un cadre contenant, organisateur pour une pensée libre du patient, pour une mise en narration de l’expérience émotionnelle partagée.
Dans l’accompagnement des enfants, des adolescents, le regard se portera sur le développement de la conscience de soi à partir de l’expérience intersubjective précoce dans les premiers échanges.
Les théories seront winnicottiennes, post-kleinniennes, là ou se fonde l’organisation psychique au plus près de l’intégration des sensorialités, de leur régulation tonico-émotionnelle élaborant un moi corporel (fonction et représentation de contenance.), de définir les angoisses, de repérer les mécanismes de défense entravant le développement et compromettant les apprentissages.
C’est à cet endroit que la psychanalyse se pense avec une articulation des champs de la recherche cognitiviste, alimentée par celle des neurophysiologistes dans une complexité du fonctionnement du cerveau sur lequel s’appuie notre fonctionnement psychique vers de multiples aménagements possibles (plasticité neuronale).
Nous nous devons, dans le cadre de la formation comme dans l’exercice professionnel, de prendre en compte les difficultés cognitives, comme les intervenants éducateurs, enseignants formés à ces approches, éducatives, scolaires et dans le cadre d’un regard plus large sur le sujet avec une capacité d’échange, de prendre en compte les répercussions possibles de l’état émotionnel et du fonctionnement relationnel et affectif.
Nous devons être capables dans une souplesse de pratique (qui sort des dogmes orthodoxes) intégrer, l’évolution scolaire et intervenir dans des réunions éducatives, pédagogiques, orientés vers des soins de la rééducation éventuellement).
Pour cela, cohabitent plusieurs secteurs professionnels.
L’intervention partagée dans le projet individualisé du patient (évaluation diagnostique MDPH, PAP scolaire, etc) auprès d’orthophonistes par exemple, proposant des outils alternatifs pour aborder la communication vers des modes d’adaptations des mécanismes du langage.
Mais nous aurons aussi des psychomotriciennes qui proposent des améliorations dans l’expression et la gestion du langage corporel et de ses enjeux relationnels. A ce titre je précise que Freud disait justement en 1923 «Le Moi est avant tout un moi corporel … (plus loin).. le moi emprunte les avenues de la motilité» Geneviève Haag a défini ce concept avec une clarté psychopathologique et clinique éclairant les formes diverses d’intégration de ces processus précoces.
Mais aussi des neuropsychologues, leurs tests projectifs et cognitifs ouvrent vers une définition dans un temps donné des accès entre autres à la symbolisation par les mises en jeu, des tests WISC, TEACH, KITAP, etc...
Je me dois le répéter ici, mais la psychopathologie ne se définit pas sur une cause relationnelle exclusive, comme malheureusement d’autres psychanalystes ont pu le dire, basée sur une clinique toute relative avec de mauvaises interprétations théoriques.
Nous savons aujourd’hui que les troubles ainsi que le développement psychique se perçoivent à l’entrecroisement des facteurs internes (propres à l’enfant, génétique) et des facteurs externes (dans le lien psychique avec autrui) ce qui nous ramène à une position polyfactorielle avec une prise en charge de fait multidimensionnelle.
Nous devons ainsi nous rapprocher des capacités d’évaluation liées à la psychopathologie avec une clinique toujours ré-ajustable.
Aider nos patients, enfants, adolescents, adultes à mieux se connaître nous aide nous aussi à mieux les comprendre.
Quels sont les objets concrets de la FPI ?
Ils ne peuvent être considérés autrement que de manière intégrative et complémentaire, se faisant par une considération multiple, du psychique, du corporel, du cognitif, et du sensoriel. Le tout sera de définir des priorités, car toutes seront justifiables. Le choix s’imposera donc vers des médiations, non formatées, non standardisées, non isolées.
La voix des apprentissages ne doit pas s’opposer à la voix de l’intégration des processus psychodynamiques, de la gestion et de l’origine des angoisses.
Étant moi-même formé à de multiples approches psychanalytiques, éducatives, motrices et sportives adaptées, j’insiste sur l’importance du psychique, du corps et du cognitif. Il est important de concevoir les blocages liés à l’apprentissage impactant de fait le développement psychique, et l’approche psychodynamique qui aide à favoriser l’accès aux apprentissages contrariés, à évacuer ses angoisses et à gérer ses conflits internes.
L’autre point restant très important du travail, c’est l’alliance thérapeutique, c’est la collaboration avec les patients.
Certains sous couvert d’un soi-disant code de déontologie implacable n’échangent pas avec les parents, les institutions scolaires, médicales que sais-je !. Evitant ainsi des questionnements, des contradictions, somme toute légitimes de parents sur les difficultés de leurs enfants et la démarche thérapeutique à l'oeuvre.
Comment créer un espace transitionnel, une relation sécure, si les liens ne se font pas !
Il sera primordial au sein de la FPI de pratiquer une psychanalyse qui soutient l’investissement de la pensée, dans le jeu et le travail psychique vers des perspectives de plaisir de penser à nouveau et de faire des liens.
Je dirai que l’analyse de notre contre-transfert reste un appui, un levier formidable dans l’expérience de notre pratique. « L’ écho perçu venant d’un autre, auquel l’intuition sera portée par une attention flottante, dans un cadre contenant, rassurant ».
De ce fait, nous pourrions nous voir rejeter l’idée de ne pas prouver nos observations.
D’autres nous demanderaient une preuve de notre travail, attention à l’importance de la preuve (elle nous est nécessaire), mais gare, car elle reste toujours valide au travers du temps, remplacer, modifiable en interdépendance avec le contexte social environnant. (La terre et l’univers. Copernic, Gallilée).
La coopération reste primordiale afin d’apporter un mieux être dans le seul intérêt du patient sujet de son projet de soin.
Le patient doit faire des liens entre toutes ses fonctions pour co-agir, nous nous devons donc de l'aider à associer ses affects avec ses intuition, ses capacité cognitives, sensorielles pour qu’il en soit le détenteur et pas des « faire comme » dans le désir du désir de l’autre dirait Lacan.
Je souhaite que ces quelques mots puissent vous offrir l’inspiration d’une dynamique de « l’allant/devenant » nous dirait F. Dolto dans une idée de coopération pensable.
ET
Je souhaite vous permettre d’éclaircir ce qu’est la psychanalyse au sein de la F.P.I., de vous en approcher, par son centre de formation, l’Institut de Psychanalyse Intégrative de Bordeaux, qu'elle vous soit inspiratrice, vous amène à penser, que vous puissiez vous l’approprier en vous ouvrant les voies de la créativité.
Pour ce faire l’enseignement proposé s’appuie sur une psychanalyse qui s’articule avec les
différentes approches (psychodynamique, développementale, comportementale, neuroscientifique, cognitive, pédagogique…) favorisant de fait nos interventions pour chaque sujet nourrissant une recherche de compréhension profonde des fonctionnements psychiques généraux comme dans les particularités du spectre autistique.
Ce parcours thérapeutique doit s’entendre par des particularités neurologiques, sensorielles et cognitives des personnes autistes en identifiant les angoisses psycho-corporelles, affectives et relationnelles qui s’y associent. Réduire la souffrance psychique des patients et l’allègement de leurs mécanismes de défense sont indispensable si l’on veut induire des possibilités nouvelles créatives.
La FPI s’oriente donc vers :
• Une communication et un partage de l’expérience entre ses membres, des recherches sur leurs pratiques et sur l’évaluation de celles-ci,
• Une formation continue comprenant trois années spécifiques pour les psychanalystes menant des thérapies auprès d’enfants, d’adolescents ou d’adultes, autistes ou pas.
• Le maintien d’une approche plurielle et éthique de l’autisme, comme du respect du cadre thérapeutique.
Pour répondre à ses objectifs, la FPI a mis en place :
• Une conférence par an, à partir d’un sujet de recherche ou d’expérience psychanalytique.
• 3 journées cliniques spécifiques autour des recherches sur l’accompagnement thérapeutique
des patients
Toutes ces journées scientifiques sont proposées aux professionnels et professionnelles comme aux élèves de l’Institut de Psychanalyse Intégrative de Bordeaux à partir de la troisième année.
Les membres adhérents à jour de leur cotisation ont un accès gratuit aux journées scientifiques, aux
réseaux internes permettant l’échange d’informations et une participation modérée à la
conférence annuelle.